Des risques pour ma grossesse et mon enfant

Quels risques j'encours à fumer pendant ma grossesse et pour mon enfant?

24% des Français fument quotidiennement, 20,7% des filles de 15 à 19 ans fument et 27% pour les garçons1

Près d'un tiers des femmes enceintes continue de fumer pendant leur grossesse. Certaines arrêtent dès l'annonce de leur grossesse, pour d'autres c'est un véritable combat au quotidien. Pourquoi la cigarette est-elle toxique pour votre bébé ? Quels sont les risques du tabac sur le fœtus ?

Un risque accru de fausses couches

Les méfaits de la cigarette sur le fœtus commencent dès le début de la grossesse. Avant même la grossesse, la cigarette diminue la fertilité aussi bien chez la femme que chez l'homme2. La cigarette est un facteur de risque de fausses couches et de grossesses extra-utérines3 : ce sont des grossesses en dehors de l'utérus qui ne peuvent aller à terme. Ces grossesses sont interrompues car dangereuses pour la mère.

Un poids à la naissance insuffisant et un développement retardé

Responsable aussi de retard de croissance intra-utérin, le tabac en est la cause principale dans les pays industrialisés. Même en faible quantité, le tabac joue un rôle dans le poids du bébé. Chez les femmes enceintes consommant du tabac, les nouveau-nés pèsent en moyenne 250 grammes de moins par rapport aux fœtus non exposés à la nicotine4.
Lorsqu'une femme est enceinte, le fœtus reçoit les nutriments et l'oxygène par le biais de la circulation sanguine. En fumant, tous les composants toxiques du tabac (4000 substances chimiques) vont passer dans les poumons, dans les alvéoles et ainsi atteindre la circulation sanguine. Ainsi, ces substances chimiques vont traverser la barrière placentaire, parvenir dans la circulation sanguine via le cordon ombilical jusqu'à atteindre le fœtus. La nicotine a un effet vasoconstricteur, qui va rétrécir le calibre des vaisseaux tant dans le placenta que dans le cordon ombilical. Par conséquent, moins de sang va arriver jusqu'au fœtus, qui sera donc moins bien oxygéné. La consommation du tabac durant la grossesse cause une augmentation du risque cardiaque chez le fœtus et des conséquences à terme.

Une augmentation de la fréquence des naissances prématurées 

Le tabac présente un facteur de prématurité. En effet, le placenta peut se fixer trop bas dans l'utérus, provoquant des saignements au troisième trimestre de la grossesse. Les membranes peuvent se rompre bien avant le terme et être responsables de naissances prématurées.
A la naissance, les bébés sont plus petits et présentent des problèmes de santé dans les premiers mois de naissance. Par exemple la maturation pulmonaire est de moins bonne qualité par rapport à un enfant non exposé au tabac5.

Un risque accru de complications à l'accouchement

Le tabac est aussi responsable de complications telles que le placenta prævia6. Le placenta prævia est placé au mauvais endroit et nécessite une césarienne lors de l'accouchement puisque le bébé ne peut pas descendre.
Chez les grosses fumeuses, un syndrome de sevrage peut apparaitre à la naissance, étant donné que la nicotine passe dans le sang. Par conséquent, les bébés en sevrage brutal seront très agités dès la naissance.
En période post-natale, le tabagisme passif cause des infections respiratoires ainsi que des allergies plus fréquentes chez les enfants. Le fœtus qui respire la fumée de cigarette est directement exposé à la mort subite du nourrisson. Il vous faudra ainsi vous battre afin de vous délivrer de la dépendance de la cigarette pour le bien de votre enfant mais également pour le vôtre.

1. http://inpes.santepubliquefrance.fr/30000/actus2014/008-tabagisme.asp#sthash.xLbur7bF.dpuf
2. Zenzes MT. (2000). Smoking and reproduction: gene damage to human gametes and embryos. Hum Reprod Update, 6(2),122-31.
3. Centers for Disease Control, Center for Health Promotion and Education, Office on Smoking and Health, 1988
4. Berlin I et al. Nicotine Tob Res (2017) 19(5):518-524
5. Kyrklund-Blomberg NB et al. Am J ObstetGynecol 1998;179:1051- 1055
6. chellscheidt J et al. Eur J Pediatr 1998;157:246-51